Claire Huber

Au travail

14 sept.

› 18 sept.

Georges Terzis

Fondations

La pièce Fondations est une collaboration de Claire Huber avec la danseuse et musicienne croate Nastasja Stefanic et le musicien et vocaliste kurde Stalin Abdi. Elle est construite à partir des rythmes asymétriques qui combinent les bases métriques des traditions occidentales et les modulations pulsées des traditions orientales.

Loin de se faire documentaire chorégraphique, la pièce passe par l’expressivité de ces rythmes pour interroger l’idée de fondations composites et éphémères, qu’est-ce qui tient ? qu’est-ce qui implose ? Se soumettant à la fois aux les exigences métrées de l’espace géométrique, aux modulations des corps et aux pulsations de l’affectivité, les trois performeurs expérimentent avec le pulsé et le métré comme autant de manière d’être au sol, au son, à l’autre et à soi.

Profilant une longue migration-paysage des corps, des voix et des sons, la pièce reconfigure le temps épique, compris ici comme un régime de rencontre avec l’autre. Un temps épique qui a renoncé à la célébration et à la narration, pour donner à voir et à entendre des cheminements anonymes en quête d’un sol qui se dérobe toujours et des ponts éphémères de sons et d’appels.

Claire Huber

Claire Huber est poètesse, chorégraphe, performeuse et dramaturge.
Son travail investit le croisement entre texte poétique, mouvement dansé, musique et son, si bien qu’elle conçoit ses pièces comme des « chorégraphies pour l’écoute », en ce qu’elles sculptent les perceptions du spectateur dans le temps, pour le mettre à l’écoute et pour l’inviter à ce qui n’est pas immédiatement donné. Formée aux Humanités à Paris, et disposant d’un master de philosophie obtenu à l’E.H.E.S.S., elle se consacre d’abord à l’écriture et à la traduction de poésie (notamment de Rainer Maria Rilke) et à la mise en scène et à l’adaptation pour le théâtre (L’Idiot de Dostoievski), pour ensuite s’engager dans des compagnies de théâtre (liées à l’Institut Grotowski) et de conte (en Afrique de l’Ouest), où se révèle son goût pour l’oralité et la présence du corps qui dit. À son retour en Europe, elle se tourne vers l’étude et la pratique du mouvement et de la danse, en suivant la formation de la Tanzfabrik à Berlin, avant d’intégrer la formation « research studios » de P.A.R.T.S., à Bruxelles.
Depuis quelques années, elle mène une série d’expérimentations sur les rythmes. A la fois terriblement vitaux et rigoureusement mathématiques, ils dessinent ensuite la trame de ses pièces : « Fondations », «No.oN », et « … and then we knew it was wind ». Ainsi, faisant d’un rythme spécifique le noeud compositionnel qui tient ensemble danse, musique et texte poétique, elle donne forme à des questions civilisationnelles, métaphysiques et poétiques.
Son travail est accueilli et soutenu entre autres par les institutions STUK, Leuven, KAAP, Bruges, La Ménagerie de Verre, Paris, La Place de la Danse, Toulouse, CDCN-L’échangeur, DeVIR/CaPA, Portugal, Kinitiras et le Duncan Center en Grèce, Zagreb Plesni Center, Croatie, Kino Siska, Slovénie, Dock 11, Berlin, Art Printing House, Lithuanie, Stanica, Serbie, ainsi que par Creative Europe, la Fédération Wallonie- Bruxelles et la W.B.I.